Acte 5 - des natures mortes
Hexagramme 11 : Tài, La Paix
Le ciel et la terre communiquent. Ce qui semble immobile est traversé d'une vie invisible.
La nature morte est le genre le plus trompeur qui soit. Elle prétend fixer ce qui passe, retenir ce qui fuit, célébrer le quotidien en l'arrachant au temps. J'en connais le paradoxe et je l'exacerbe : mes natures mortes débordent d'énergie contenue, comme si les objets étaient sur le point de parler.
Tài, l'hexagramme de la Paix, décrit une situation où ciel et terre échangent leurs souffles, où ce qui paraît statique est en réalité traversé d'un flux constant. Mes compositions sont de cet ordre : une table, des fruits, un vase, mais la couleur y explose, le geste y laisse sa trace violente, la matière y affirme sa résistance.
Ce que je peins dans mes natures mortes, c'est la vie sous la surface des choses. L'énergie qui sourd sous la peau du monde ordinaire, quand on accepte enfin de vraiment regarder.




























