Acte 1 — des cris & des cris
Hexagramme 51 : Zhèn, L'Ébranlement
Le tonnerre retentit, l'effroi saisit tout. Puis vient la clarté. L'homme supérieur ne perd pas la parole au milieu du fracas.
Trente secondes. C'est le temps qu'il me faut pour saisir un visage. Pas le photographier, le saisir. Mon pinceau ne prépare rien, ne prévoit rien. Il se jette sur le blanc comme le tonnerre tombe sur la plaine : sans négociation, sans retour.
Dans la cosmologie du Yi Jing, Zhèn n'est pas la catastrophe , il est le seuil. L'ébranlement qui brise le sommeil des formes et force quelque chose à surgir. Ces portraits ne représentent pas des visages rencontrés dans la rue. Ils transcrivent l'onde de choc d'une rencontre : l'émotion avant le nom, la présence avant le récit.
Comme l'écriture calligraphique japonaise à laquelle je fais moi-même référence, mon trait ne corrige pas. Il ne peut pas. Il advient une fois, pleinement, ou il n'a pas lieu. C'est pourquoi ces oeuvres respirent : elles portent encore en elles l'air de l'instant où elles sont nées.





























































































