Acte 8 - De sombres bois
Hexagramme 29 : Kǎn, L'Insondable, l'eau
L'eau coule sans s'arrêter, même dans les gorges les plus profondes. Elle ne craint pas le danger, elle le traverse.
Il y a des forêts que l'on ne traverse pas sans en revenir changé. Pas des forêts de conte, des forêts intérieures, celles que le noir et le silence rendent à leur vérité première. Mes sombres bois sont de ceux-là : des espaces où la lumière abdique et où quelque chose d'autre prend la parole.
Kǎn est l'hexagramme du danger qui se répète, de l'abîme qui se redouble. Mais il m'enseigne surtout que la seule façon de traverser l'insondable, c'est d'y maintenir son centre, de ne pas se raidir mais de couler comme l'eau, qui épouse la forme du danger sans en perdre sa nature.
Ces oeuvres sombres, souvent en noir profond, ne sont pas des impasses. Ce sont des passages. Le bois n'est jamais que le seuil d'une clairière à venir et je le sais, moi qui peins l'obscurité avec trop de précision pour en avoir peur.











