Acte 7 - des gueules plissées
Hexagramme 48 : Jǐng, Le Puits
Le puits ne change pas de place. Mais les hommes changent. Ce qui est profond reste accessible à qui descend le chercher.
Ces visages ont vécu. Ils portent sur eux la preuve de chaque décision prise, de chaque douleur traversée, de chaque saison affrontée. Mes gueules plissées ne sont pas des visages beaux, ce sont des visages vrais, ce qui est infiniment plus précieux.
Jǐng, le Puits, est l'un des hexagrammes les plus humains du Yi Jing. Le puits ne se déplace pas. Il reste là, disponible, indifférent à l'agitation du monde, offrant son eau à quiconque prend le temps de descendre. Ces portraits ont la même nature : ils sont immobiles et profonds. Ils attendent qu'on s'y penche vraiment.
Je ne flatte pas, je ne corrige pas, je n'embellis pas. Je creuse. Mon pinceau va là où la peau a plissé, là où le temps a inscrit ses relevés. Et dans ces sillons, on lit non pas la vieillesse, mais la densité, ce que seule une vie entièrement vécue peut déposer sur un visage.




















